30 juin 2005
Insulter du monde au hasard sur la piste cyclable
Je crois que je me suis trouvé une activité pour la fin de semaine: insulter des gens au hasard sur la piste cyclable, les “casser”. Ou faire des coups de téléphone. Lancer des oeufs sur des… n’importe quoi pour être désagréable, bref.
Hier, j’ai arrêté de fumer et je crois que j’ai un surplus d’agressivité à passer. L’idée (assez stupide, d’ailleurs) m’est venue la fin de semaine dernière: j’allais arrêter de fumer lundi. Je crois que j’ai décidé ça samedi. C’était très peu réfléchi et ça ne me laissait pas beaucoup de temps pour me préparer. Passer de un paquet par jour (à peu près) à rien du tout du jour au lendemain, j’imaginais que ce serait difficile. Alors je me suis laissé un peu plus de temps. Dimanche, je me suis acheté un paquet. J’ai fait de bons efforts pour l’étirer sur trois jours afin de m’habituer à fumer moins. J’ai grillé ma dernière mercredi midi. “Jusqu’ici tout va bien… Jusqu’ici tout va bien…”
J’arrête jusqu’en septembre. C’est l’objectif que je me suis donné. Je me donne toujours un objectif comme ça. Je trouve que c’est plus réaliste que d’arrêter en disant “je ne toucherai plus jamais à une cigarette de ma vie”. Et comme c’est plus réaliste, c’est plus engageant. Le but n’est pas de recommencer en septembre… En septembre, je ferai bien ce que je veux faire. Le but est d’avoir un objectif réaliste. Ça aide à traverser la première semaine, entre autres choses.
J’ai plusieurs trucs comme ça qui font que je suis vraiment assez bon pour arrêter. Car ce n’est pas la première fois. J’arrêtais assez régulièrement il y a quelques années… Fume un mois, arrête un mois, fume trois semaines, arrête trois mois, fume six mois, arrête un mois, etc. N’importe quoi. C’était important pour moi de savoir que je pouvais arrêter mais ce n’était pas critique de ne plus jamais fumer. J’étais un fumeur occasionnel, bref.
Un autre truc, c’est ce que je fais en ce moment: je le dis au plus grand nombre de personnes possibles de la façon la plus confiante possible. Je leur dis que j’ai toujours pu arrêter quand je voulais et que je ne me suis jamais cassé la gueule. Comme ça, je crée une énorme attente: si je flanche, c’est plus que gênant, c’est humiliant. Et j’ai ma fierté. Alors je crée cette situation impossible qui me force à aller au bout de ma décision.
Honnêtement, toutes ces astuces m’enmerdent profondément. Parce que si je n’étais pas si bon que ça pour arrêter et que, souvent, je n’étais pas capable, je pourrais flancher et aller me chercher des cigarettes et ce ne serait pas gênant du tout. Et je serais très content. Mais non! Il fallait que je sois doué pour ça aussi. Alors me voilà pris ici sans cigarette. Et je ne veux pas savoir si vous trouvez ça bon ou pas parce que, ce soir, j’emmerde tout le monde.
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Pingback par “Nicotine… has gained a level!” -- Jérôme Loisel — 9 septembre 2005 @ 15:08