7 juillet 2005
C.R.A.Z.Y.
Si j’avais à dresser une liste des grands films québécois, ceux qui méritent une renommée internationale… Je penserais certainement à Léolo de Jean-Claude Lauzon, au Déclin de l’empire américain de Denys Arcand, à Un 32 août sur terre de Denis Villeneuve. À quelques autres… Parce que je suis difficile et snob, ma liste ne comprendrait probablement pas dix titres. Mais il y aurait de la place un film qui vient de sortir: C.R.A.Z.Y. (ou “Crazy”)
Le film est un portrait d’une famille et met l’accent sur quelques-uns de ses membres. Nous retrouvons le père charismatique (joué par Michel Côté), sa femme et leurs cinq garçons: Christian, Raymond, Antoine, Zacharie et Yvan. C.R.A.Z.Y. Zac est le préféré de sa mère: un jeune garçon sensible et hors du commun. Sa mère croit que Dieu lui a donné des dons. Mais sa différence lui cause des problèmes dès son jeune âge. Et à l’adolescence, il commence à se demander s’il n’est pas gai… Ce qu’il ne réussit pas complètement à cacher. Ce film nous montre la très belle histoire d’une famille pleine de problèmes et d’amour, ainsi que celle d’un jeune qui cherche son identité et accepte difficilement ce qu’il trouve.
C.R.A.Z.Y. se déroule d’abord dans les années soixante, puis dans les années 75-80, et travaille beaucoup avec l’esthétique de chaque époque. Le père est cool. (Comme moi. Pas autant que moi, mais quand même.) Il a de grosses lunettes fumées et des voitures très racées qu’il lave à chaque semaine avec un de ses gars. Quand il doit aller chercher Zac à l’école, il arrive en voiture avec du Charles Aznavour qui joue très fort (il faut vraiment le voir pour le croire), il sort une cigarette au bec et il fait un rond de fumée… Au fil des ans, les vêtements changent, mais le père, Raymond le bum tatoué (éd.: j’avais écrit “Christian” par erreur) et Zac le fan de Bowie ont tellement de style et de charme que chaque période, chaque scène devient un festin audio-visuel.
J’étais avec une amie qui trouvait qu’il y avait presque trop de musique. Je dirais qu’en un sens, elle a raison… C.R.A.Z.Y. donne dans l’excès de style en général: la scène du père qui vient chercher son enfant est exagérée. On en vient à se demander si ce n’est pas davantage au souvenir de l’enfant que nous avons affaire, et non à la scène comme elle s’est réellement déroulée. Pour les vêtements, les voitures, les lunettes d’époque, aussi, c’est un excès, mais un excès de beauté qui m’a grandement plu. Allez voir ce film pour son histoire et ses personnages. Mais prenez la peine de regarder les costumes, les accessoires, les coupes de cheveux, les danses… Et écoutez la musique.
Un grand film, dans tous ses aspects.
Sites qui parlent de cet article:
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Pingback par Jérôme Loisel - Blog Archive » L.A.N.D.R.Y. — 15 juillet 2005 @ 23:47
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Pingback par Jérôme Loisel - Blog Archive » Jérôme. Frère Jérôme. — 2 août 2005 @ 17:59
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Pingback par Jérôme Loisel - Blog Archive » Jérôme Loisel, ambassadeur culturel — 12 août 2005 @ 11:06
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Pingback par C.R.A.Z.Y. à Toronto et aux Oscars -- Jérôme Loisel — 25 septembre 2005 @ 15:16
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Pingback par Saint-Martyrs-des-Damnés -- Jérôme Loisel — 22 octobre 2005 @ 20:53
Marylin affirme:
Le 9 juillet 2005 à 13:08
HÉ!
Je t’écris pour te prouver que je suis allée voir ton site (et pour que tu arrêtes de me le demander
) et pour t’en féliciter. Mais aussi pour te dire que ce n’est pas Christian le bum tatoué de CRAZY, c’est Raymond - même s’il est le plus vieux son nom commence par “R”.
Comme ça tu trouves que CRAZY figurerait au palmarès des meilleurs films de tous les temps??? Intéressant. On discutera de tout cela devant une bonne bière ou un bon show.
Bisous