11 juillet 2005
Une vraie agace
La Presse Canadienne a récemment fait état d’une pétition demandant le retour de Bernard Landry. Un de mes amis au parti m’a envoyé le lien et m’a demandé ce que j’en pensais. Honnêtement, ma réponse initiale était un peu naïve: j’ai dit que ce n’était pas une bonne idée parce que je trouvais que cela mettait Bernard Landry dans une situation difficile. Et ce n’est pas que je n’aime pas Landry, bien au contraire! Y’est ben blood, Landry.
Cela étant dit, Landry avait raison de démissionner. (Ah-ha! Surprise! Rebondissement au sein du texte! En second lieu!) Comme Landry l’a dit dans son discours, il est un démocrate, et son parti ne l’appuyait plus assez. (Ni non plus la population, à vrai dire.) Par principe, c’était une bonne décision. C’était aussi une bonne décision pratique pour le parti: ça leur donne un ancien premier ministre qui milite encore. Quelqu’un qui a une bonne réputation, dont la démission témoigne de l’intégrité, etc. Un gain net, bref, surtout si son successeur est relativement compétent.
Alors la pétition mettrait Landry dans une situation difficile. Parce que d’un côté, le gars n’est pas fait en bois. C’est clair, il aimerait bien revenir. Une telle pétition lui tire les ficelles et lui donne une excuse pour revenir s’il en prend la décision. D’un autre côté, vu qu’il est parti pour de bonnes raisons, bien exprimées, ce serait… opportuniste: placer ses intérêts personnels, son désir de diriger au-dessus d’une décision bien fondée. Cela lui déroberait toute la bonne volonté qu’il a gagnée auprès de la population en démissionnant dignement. Et si jamais il perdait la course… Ouch. Quelle triste façon de quitter la politique.
Alors voilà ce que je pensais la semaine dernière, mais c’est finalement un peu naïf. Naïf parce que selon la Presse Canadienne, retourbernardlandry.org appartient à Chantal Renaud. Et le site a été enregistré au nom de Bernard Landry. Je crois que le mouvement pour le retour de Landry n’est plus totalement un mouvement autonome visant à le convaincre. Landry lui-même participe probablement à son organisation, ou du moins l’encourage. Sinon, ce serait très facile d’éviter que ces gens-là perdent leur temps. Une conférence de presse du principal intéressé peut mettre fin à toute spéculation.
Je vais utiliser une métaphore et la porter trop loin: Bernard Landry fait son agace. Il a laissé sa blonde parce qu’ils avaient de vrais problèmes, mais il l’aime encore. Elle a de la peine mais comprend sa décision, y ayant elle-même songé. Sauf que le mec regrette un peu et commence à insinuer qu’il pourrait la reprendre, que ce n’est peut-être pas totalement foutu. Elle capote, hésite. Elle l’aime encore, c’est normal. Et lui il préfère laisser planer le doute pour bien voir sa réaction.
Mais Bernard, si tu lis mon blog, sérieusement… Mets ça au clair avec elle. Elle ne mérite pas d’attendre de tes nouvelles comme ça. Tu veux casser? Moi, je suis d’accord avec toi. Mais fais ça clean. Sinon elle ne te respectera même plus après. Et penses-y comme il faut. Parce que de toute façon, si vous reprenez, les vieux problèmes reviendront: tu la trouveras contrôlante. Elle comprendra mal que tu n’aies plus les mêmes érections qu’au début. Vous vous chicanerez constamment au club vidéo sur le choix du film. Ses amies te tomberont sur les nerfs.
Et… voilà, j’ai porté la métaphore trop loin. Mais c’est vrai: ce n’est pas en niaisant quelqu’un qu’on règle des problèmes de fond.
Sites qui parlent de cet article:
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Pingback par BREM experience » Blog Archive » Bernard Landry: le retour — 11 juillet 2005 @ 18:22
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Pingback par Jérôme Loisel - Blog Archive » L.A.N.D.R.Y. — 15 juillet 2005 @ 23:49
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Pingback par Jérôme Loisel - Blog Archive » Éditorial du Devoir sur Landry — 17 juillet 2005 @ 11:43
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Pingback par Jérôme Loisel - Blog Archive » Des visiteurs mystérieux — 21 juillet 2005 @ 21:12
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Pingback par Jérôme Loisel - Blog Archive » Je pourrais le regretter — 25 juillet 2005 @ 15:51
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Trackback par BREM experience — 25 juillet 2005 @ 20:50
brem affirme:
Le 11 juillet 2005 à 16:48
En politique, on a rarement deux chances.
Celle de Landry est passée. Passons à un autre appel. Il y a plusieurs excellents candidats qui vont se présenter, laissez-les enfin débattre des idées du parti québécois.
Qu’ils mettent enfin au clair c’est quoi leur objectif et si le chef du parti pouvait être plus jeune pour le redynamiser, tant mieux.
Si on nous parle encore des arguments des années 1970 pour la séparation et si on n’explique pas à la population c’est quoi les avantages et ce qu’elle gagnerait avec la souveraineté, jamais elle ne votera en sa faveur. En tout cas, jamais je ne voterai en sa faveur.
Bernard, bonne retraite mon vieux.
brem
Marie Nancy affirme:
Le 12 juillet 2005 à 2:07
C’est excellent !