26 septembre 2005
L’affaire Boisclair: bilan d’un scandale
Il y a deux semaines, une crise a commencé à secouer la course au leadership du Parti Québécois: une rumeur circulait à l’effet qu’André Boisclair, l’actuel meneur de la course, aurait déjà consommé de la cocaïne. Sur le coup, Boisclair s’est contenté d’admettre qu’il n’était “pas sorti d’une machine à faire des ministres” et a tenté de passer à autre chose. Il a même tenu le lancement officiel de sa campagne. Il y disait vouloir “faire mieux que René Lévesque”, ce qui était probablement une allusion codée la consommation de tabac et d’alcool de l’ancien premier ministre, deux drogues de fifs, si vous me permettez l’expression.
Finalement, le 19 septembre, André Boisclair a avoué avoir déja pris de la cocaïne pendant qu’il était ministre (voir aussi l’article du Devoir). Le scandale a éclaté. Les lignes ouvertes parlaient juste de ça. Le Canada anglais était sidéré: Chantal Hébert écrivait (avec raison, je crois), que si la course avait eu lieu n’importe où ailleurs au Canada, Boisclair serait déjà mort et enterré. Les journalistes d’ici ont été assez agressifs avec Boisclair pour qu’il sorte de ses gonds devant les caméras. La droite, elle, n’en revenait pas, mais peut-être seulement par habitude.
On me demande souvent ce que je pense de tout ça. Je n’ai pas écrit d’article immédiatement sur le sujet pour deux raisons: d’abord parce que j’étais complètement débordé, ensuite parce que je voulais prendre le temps de bien réfléchir à la question (étant bien sûr très cool). Ma pensée sur le sujet a évolué dans les deux dernières semaines. Mais, réduite à son élément le plus simple, ma réponse n’a pas changée: le fait d’avoir pris de la cocaïne ne devrait pas, à mon sens, disqualifier André Boisclair du poste de premier ministre. Ce n’est pas quelque chose qui l’empêche de faire son travail.
Plusieurs sont en désaccord avec moi. Laurent (de Polyscopique), entre autres, se demande si Boisclair peut encore avoir toute sa tête. Il cite des études concluant que le fait d’avoir pris de la cocaïne peut laisser des traces au cerveau. Mais son argument ne tient pas la route. Un grand nombre de situations tout à fait banales peuvent laisser leur marque sur le cerveau: une chute avec choc à la tête, apprendre une seconde langue en bas âge (selon certaines études), etc. Pas toutes ne devraient disqualifier quelqu’un du poste de premier ministre.
Le vrai critère, à cet égard, est de savoir si la personne est encore mentalement compétent. Laurent saute à la conclusion que Boisclair ne l’est plus, mais à ce titre-là, même le grand physicien Richard Feynman (qui a pris du LSD pendant des années) serait disqualifié sur la base de son esprit. Ce qui compte, c’est l’état actuel de l’esprit de M. Boisclair, pas le cheminement qui l’a mené là. Et le meilleur moyen que nous avons pour en juger (heureusement ou malheureusement), c’est l’actuelle campagne. Et quiconque a vu Boisclair en entrevue ou débattre se rend bien compte que le gars n’est pas un demeuré, loin de là. Il est vif, intelligent, il connaît ses dossiers et ne semble pas manquer de concentration.
La question, plus sérieuse à mon avis, est plus une de jugement moral. Boisclair a commis une erreur en consommant de la cocaïne, c’est très clair. Et lorsqu’il s’est défendu en prétendant que c’était des “erreurs de jeunesse” (malgré le fait qu’il avait trente ans et était ministre à l’époque), je crois qu’il avouait que la véritable question ici était éthique et non physiologique. Est-ce que le fait d’avoir pris de la drogue dure le disqualifie du poste de premier ministre? Ici, nous sommes dans un domaine de jugement moral personnel et je crois que chaque électeur a droit à sa propre réponse. Moi, je trouve que cela ne le disqualifie pas.
À l’image de Richard Legendre, je ne veux pas minimiser l’importance de la chose. André Boisclair a de bonnes chances de devenir premier ministre du Québec et je souhaiterais qu’il donne un bon exemple moral. Mais même un ex-détenu peut donner le bon exemple. Nos écoles reçoivent régulièrement des conférenciers qui ont pris de la drogue ou ont fait de la prison et qui souhaitent parler des problèmes qu’ils ont surmontés. Boisclair, en prenant de la drogue, a vécu quelque chose dont un grand nombre de Québécois souffre. A-t-il pu en sortir diminué, intellectuellement et moralement? C’est possible. A-t-il pu en sortir grandi, plus conscient, plus humain? C’est possible aussi et là est la vraie question.
J’ai été déçu dans toute cette “Affaire Boisclair”, mais pas de la consommation simple de cocaïne. André Boisclair a hésité avant de faire ses déclarations aux médias, les a étirées sur presque une semaine, et s’est limité à relater le strict nécessaire sur les faits. Bref, il a banalement géré une crise. Il aurait pu aller passer une demi-heure avec Arcand, par exemple, relater les faits, mais surtout nous parler aussi de l’homme: pourquoi il a commencé, pourquoi il a arrêté, et qu’est-ce qu’il retient de tout ça (au-delà du super banal “je regrette ces erreurs de jeunesse”, je veux dire). Boisclair a mal géré l’incident.
Pire: il est sorti de ses gonds. C’est une anecdote maintenant célèbre, que nous avons vue de nombreuses fois à la télévision: André Boisclair est entouré d’une meute semi-enragée de journalistes cokés et il poigne les nerfs: “Le niveau de stress est assez élevé. Je n’ai pas besoin de ces agressions physiques que vous me faites subir. Je vous demande de respecter l’intégrité de ma personne.” Sauf qu’en termes de niveau de stress, le pauvre gars n’a rien vu: la course au leadership du parti, ce n’est rien comparé à la future campagne électorale; ça, ce n’est rien comparé au stress que subit un premier ministre; et le stress de premier ministre, ce n’est rien comparé à une campagne référendaire.
Bref, dans deux ans, je ne m’inquiète pas que Boisclair soit coké: j’ai davantage peur qu’il ait besoin de calmants.
Sites qui parlent de cet article:
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Pingback par Boisclair maintient ses appuis -- Jérôme Loisel — 28 septembre 2005 @ 9:37
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Pingback par Pauline Marois propose de nationaliser l’éolien -- Jérôme Loisel — 9 novembre 2005 @ 0:12
VBG affirme:
Le 26 septembre 2005 à 18:28
C’est un billet intéressant. Tu poses des questions ciblées et nécessaires pour faire avancer le débat. Cependant, je ne miniserais pas les propos du Polyscopique. Dans un cahier du week-end de La Presse, il était soulevé que les personnes ‘typiques’ à utiliser de la cocaïne sont celles qui ont une piètre estime d’elles-mêmes et qui vivent sous un stress intense (ce ne sont que deux exemples). Ce qui faut se demander ce n’est pas s’il est adpte à gérer une province à cause de lésions cervicales, mais bien les raisons qui l’on amené à faire l’usage d’une telle drogue. Si il représente le profil type alors est-ce que c’est ce genre de personne que nous voulons à la tête de notre province ou simplement d’un parti politique?
brem affirme:
Le 26 septembre 2005 à 18:51
D’accord, mais la façon dont Laurent amène le sujet est franchement pas très bonne. Son argument principal est que prendre de la drogue ça brûle les cellules du cerveau. Désolé, mais la vieillesse aussi. Donc selon son raisonnement, Marois a plus de cellules brûlées que Boisclair… mais mettons qu’avec sa consommation de coke, ça revient kiff-kiff…
Non, sérieusement, le débat n’est pas sur ses capacités intellectuelles… c’est vraiment, un argument irrecevable à mon sens. C’est enfantin et de mauvaise foi.
Cependant, la question morale et légale des actions que Boisclair a fait en tant que ministre, là on pèse sur le bobo, à mon avis.
brem
brem affirme:
Le 26 septembre 2005 à 18:55
Pour ce qui est du profil type, encore là, qui sommes nous pour juger?
Plusieurs personalités publiques ont commis des crimes et pris de la drogue (l’un va pas sans l’autre!). Quand Charron a volé son paletot, Lévesque a buté un piéton, mon député fédéral libéral dans Québec-Est il s’est fait arrêté en état d’ébriété… c’est quoi déjà le nom du ministre qui a pris full drogue aussi? entk.
Est-ce qu’on doit pour autant dire que les commentaires de M. Charron sont moins bons parce que c’est un homosexuel cleptomane recyclé en journaliste à tva?
tsé, faut voir aussi.
brem
(bon… c’est pas mon intervation la plus éloquente, mais là c’est parce que j’ai faim… pis j’écris mal!)
brem affirme:
Le 26 septembre 2005 à 19:01
Ceci dit… (fuck… j’hais ca quand mes idées viennent par motton…)
Je suis en désaccord avec Jérôme sur sa conclusion. Je crois que la question sur sa consommation de drogue, sur le fait qu’il s’en ait procuré, de manière illégale, en côtoyant le milieu criminel, de près ou de loin, ça c’est le plus important. De plus, il a consommé durant ses fonctions officielles, étant ministre. On n’est pas ministre juste de 9 à 5, on est ministre 24 heures sur 24.
À mon sens, il a agit de façon irresponsable, et s’il devait abdiquer (ce que je crois qu’il devrait faire vu les circonstances) c’est à cause de cet argument, selon moi.
brem
jerome affirme:
Le 26 septembre 2005 à 19:03
Valérie, je trouve que c’est le même genre de questions. On veut savoir si André Boisclair est capable de gérer le stress, de répondre intelligemment, de servir d’exemple, etc., etc. Mais justement, s’il n’avait pas pris de cocaïne, nous voudrions savoir… exactement la même chose. Et la façon que notre société a choisie pour répondre à ces questions? Tenir des campagnes. C’est encore la meilleure solution.
Je me souviens, après le référendum, un magazine du Canada anglais (MacLean’s, je crois, dans un de ses moments sombres) avait publié une “étude” par un psy qui prétendait, sans l’avoir rencontré, que Bouchard était fou. Grosso modo. C’était complètement ridicule et c’est à peu près ce que certains commentateurs (ici je ne parle plus de Polyscopique, bien sûr, mais d’une tendance observable) tentent de faire maintenant.
En sortant des études généralisantes sur le profil type de ceux qui ont déjà pris de la cocaïne, je trouve à la limite qu’on amène de la psycho pop dans une affaire sérieuse. Pourquoi pas aller chercher le profil type de l’homme gai, de l’étudiant de Harvard, ou de la génération X, tant qu’à y être? Et de toute façon, si tu veux savoir si le gars est intelligent et a du leadership, tu veux vraiment avoir la réponse en lui posant la question (”on veut des réponses!”)? Ou le meilleur moyen est de le regarder faire en campagne comme on ferait de toute façon? Il me semble que c’est clair.
Par rapport à Polyscopique… Je ne minimise pas son blogue ou ses autres articles. Mais je suis de ceux qui pensent que si je n’ai pas de difficulté à dire quand je n’aime pas quelque chose, ça me donne plus de crédibilité quand je dis le contraire. Je n’aime pas l’article que Laurent a écrit sur Boisclair et je le dis. Mais ça montre en même temps que quand j’ai écrit que c’est bon, ses trucs, et que j’adorais son article sur Michaëlle Jean, ce n’était pas par pure politesse. J’aime bien ce que tu fais aussi, en passant. C’est juste que là, je n’embarque pas. Pas avec ces arguments-là.
Hugo affirme:
Le 26 septembre 2005 à 21:05
Je suis d’accord de A à Z. OK, bien sûr, tout le monde ensemble: “ce n’est pas banal de sniffer de la coke”. Mais que Monsieur Boisclair en particulier ait sniffé alors là, étrangement, je trouve ça banal. Il faut être d’une extrême naïveté pour y voir une exception dans le monde politique. Quand Boisclair se fâche et dit: “Je vois où ça nous mène, vous voudrez savoir quand, où et avec qui“, combien on gage qu’il a des noms bien connus en tête! Même si la grande majorité des politicien ont des vies bien ordinaires, comme les citoyens qu’ils représentent, je m’avancerai en disant que toute proportion gardée, il y a plus de party animals dans la jungle politique que dans la moyenne des milieus de travail québécois. Alors Boisclair c’est un p’tit peu le Ben Johnson de la gang, celui qui s’est fait prendre!
Que ça cause des lésions au cerveau, franchement, c’est d’aucun intérêt. Mon vieux, si on doit comparer nos cerveaux il y quelques cerveaux exempts de lésions qui ne feraient pas le poids contre des cerveaux un peu plus malmenés! Ça n’amène rien au débat si on ne connait pas les autres facteurs neurologiques: combien de balles de tennis a reçu M. Legendre à la tête? Combien de jokes assomantes sur les femmes Mme Marois a dû entendre? Combien de questions référendaires M. Bertrand a tricottées? Si on veut parler lésions, faudrait tout mettre sur la table.
brem affirme:
Le 26 septembre 2005 à 21:28
J’aime ton exemple de M. Legendre et des balles de tennis
LOL
brem
jerome affirme:
Le 26 septembre 2005 à 21:47
Héhé. Moi aussi. Merci Hugo. Je suis pas mal d’accord avec toi. Boisclair s’est fait prendre, mais il est loin d’être le seul. Des politiciens qui ont consommé ou tout simplement trop bu durant leur carrière, il y en a dans tous les partis, et plusieurs.
Brem, pour ce que tu disais, ça entre dans les questions éthiques où je disais que, bien sûr, tout le monde a le droit a son opinion. Personnellement, j’ai une limite aussi par-delà laquelle je considérerai que le candidat manque trop d’éthique pour occuper un tel poste. C’est juste que, dans le cas de l’Affaire Boisclair, je n’atteinds pas cette limite.
Je crois que tout le monde a le droit à l’erreur. Si on ne donne pas cette chance-là à nos politiciens, on devient irréaliste: tout le monde a fait des conneries et des erreurs graves, à divers degrés. En tant qu’électeurs, il faut accepter ça, je pense. Sinon, on se voue à un avenir où les politiciens font tout pour cacher ce qu’ils ont fait et que le seul but de leurs adversaires durant les campagnes n’est pas de remporter le débat d’idées, mais de dénicher plus de squelettes que l’autre.
Mais, bon, si on trouve que la cocaïne est une trop grosse erreur, je respecte ça. Ce n’est juste pas mon cas. Il y a vraiment beaucoup de monde au Québec qui a pris de la drogue.
brem affirme:
Le 26 septembre 2005 à 22:18
Moi c’est seulement que je trouve que Boisclair n’a pas du tout bien réagit à la pression des médias. Dans les films d’Hollywood, on voit souvent l’avocat de la défense en tabarnak parce que son client lui avait caché des trucs sur son passé parce que celui-ci ne pensait jamais que ça sortirait. Si Boisclair était le client et que j’étais l’avocat, je serais en tabarnak après Boisclair de ne pas m’avoir parlé de ça.
C’est clair que ça joue dur en politique, les politiciens, les assoifés du pouvoir, ils vont aller très bas pour assouvir leur soif. Si ça veut dire salir leur adversaire, en désespoir de cause, ben c’est ce qu’ils vont faire. Soit Boisclair était vraiment naïf et il pensait vraiment que personne ne mentionnerait sa consommation de coke, ou bien il souffre d’un égo si large qu’il n’a péché par excès de confiance. Quoi qu’il en soit, il a très mal géré cette crise. Plus tu laisses des doutes longtemps, plus la machine a rumeur s’alimente. Regarde Dany Turcotte et son homosexualité, il l’a dit dimanche passé. Ça finit là, plus personne peut “placotter” de ça, le sujet est clos. Boisclair entretien ce mystère car il ne répond pas aux questions que tout le monde se pose à ce sujet:
1- Pourquoi est-ce qu’il a pris de la drogue
2- Avec qui
3- Ça fait combien de temps qu’il en prend plus
4- Comment il se l’est procurée
5- Quand a-t-il fait sa cure de désintox (car il est allé directement à Harvard après avoir été ministre)
Et il y en a surement d’autres. Est-ce que ça relève de la vie privée? Oui, mais d’un autre côté, il n’a pas agit de façon responsable quand il était ministre, donc il se doit de se racheter. Car il semble oublier qu’il a commis une faute! Une faute qu’il semble balayer du revers de la main, comme si elle ne s’était jamais passée. C’est pas normal ça. Si je dis… ouin… j’ai déjà battu ma femme, j’ai déjà violé mes enfants, j’ai déjà envoyer un gars à l’hôpital quand j’étais saoul, mais ça c’était le passé… Est-ce que je pourrais m’en sortir aussi facilement? Ce n’est pas à Boisclair à décider si on le pardonne ou pas, c’est à nous la décision. Qu’il se mette ça dans la caboche.
Il doit montrer patte blanche.
En disant que c’est derrière lui et que c’est pas de nos oignons et en pognant les nerfs devant les journalistes, Boisclair démontre qu’il n’a pas l’étoffe d’un premier ministre et qu’il a des croutte à manger.
Ceci dit, les militants vont clairement se charger de le sacrer dehors… (Prédiction de brem 2005…)
Ce qui est dommage, c’est qu’il n’y a pas de candidat qui a assez de leadership pour mener le PQ au pouvoir et qui va être capable de réaliser la souveraineté. Boisclair avait cette qualité là, au moins.
Dommage ( ou une bonne chose si on est fédéraliste )
brem
Marie Nancy affirme:
Le 28 septembre 2005 à 3:33
Prendre de la coke: douteux.
Prendre de la coke quand on est ministre pour que le scandale éclate plus tard dans la presse: pas génial.
Passer une demi-heure avec Arcand: essayons d’enterrer le poisson avant de se rendre là.
Dans les années 90, avec Bill Clinton, on avait fait tout un foin avec l’usage de la marijuana… Nouvelle génération, nouvelle drogue.
Perso, à lire ton billet, je trouve qu’il a très bien réagi. Sortir de ses gonds avec les journalistes, c’est peut-être une bonne chose. Remettre une part du blâme sur les médias (qui n’ont pas toujours bonne presse), c’est une tactique intéressante. Les médias sont très nombrilistes et hyper sensibles. Dès qu’on les attaque là où le bat blesse, en général, ils lâchent le morceau. Il ne faudrait pas qu’ils insistent et deviennent vraiment aux yeux du public tout ce que suppose André Boisclair.
Puis, un scandale du genre, ça divise en général les médias anglophones des francophones. Et ça, c’est bon pour les Souverainistes.
jerome affirme:
Le 28 septembre 2005 à 8:51
Sortir de ses gonds ne lui a pas fait mal et ce n’est pas ce que je dis. En fait, le fait que les jouralistes soient allés trop loin (comme je disais, ils étaient semi-enragés) l’a aidé. Et il a bien fait de souligner qu’ils allaient trop loin.
Je ne dis pas que cette réaction-là l’a nui, mais que si c’était sincère et non une tactique (et je crois que c’était sincère dans le sens que je crois qu’il a vraiment poigné les nerfs), ça veut probablement dire qu’il n’a pas la couenne assez dure. Il risque de trouver ses futures épreuves très, très difficile. Une campagne référendaire, c’est vraiment quelque chose.
Pour Clinton, c’est vrai. Bush a aussi pris des drogues, dont de la cocaïne. Et il a été alcoolique de nombreuses années. Boisclair a un historique impeccable en comparaison. Sauf que ce n’est pas un exemple à suivre et, comme tu dis, prendre de la coke quand on est ministre, si on a plus d’ambition que ça, ce n’est pas génial. Mais, bon, selon moi, c’est une erreur et tout le monde a le droit à l’erreur.