13 octobre 2005

A History of Violence (Histoire de violence)

Le 13 octobre 2005, à 14:49. Classement: Cinéma

A History of Violence (Histoire de Violence) est le dernier film du réalisateur canadien David Cronenberg (eXistenZ, Crash). Cronenberg a un répertoire assez vaste, mais il nous a récemment habitué à des films troublants sur la folie, le délire, la fuite de la réalité. Rien de tel ici.

A History of Violence nous raconte l’histoire de Jack Stall (Viggo Mortensen). Stall est un Américain moyen de l’Indianna dans la quarantaine. Il est propriétaire d’une petite cantine qui ne fait pas fortune, mais où quelques réguliers aiment venir pour prendre leur café et manger des oeufs en parlant au chef. Il est marié à Edie (Maria Bello), une charmante avocate. Le couple a deux enfants qui vivent des problèmes normaux d’adolescents. Il y a même au début une scène d’intimité sexuelle qui semble vouloir nous montrer que Jack et Edie, malgré toutes ces années, s’aiment encore et ont encore le sens de l’aventure.

Puis, survient l’élément déclencheur. Deux hommes entrent dans la cantine un soir pour dérober les clients. Pas seulement ça: bien que Jack Stall l’ignore, ces hommes sont de violents tueurs en série. Stall leur offre de prendre tout l’argent qu’il a, mais les hommes menacent la serveuse. (Pourquoi une cantine qui a deux clients assis au comptoir peut-il entretenir trois personnes sur le plancher, ou même en avoir besoin? je l’ignore, mais si un jour je m’achète une cantine, je tenterai de vérifier.) Stall bondit et élimine rapidement les deux agresseurs. Il devient un héros local.

Très rapidement, les actions de Jack Stall attirent de l’attention. Carl Fogarty (Ed Harris) est un homme mystérieux au son visage défiguré qui arrive en ville pour poser des questions à Jack. Il affirme que Jack ne s’appelle pas Jack, mais Joey, ne vient pas de l’Indianna, mais de Philadelphie. Et que s’il a réussi à éliminer les deux tueurs, c’est parce qu’il a une expertise pour tuer. Fogarty reste toujours calme, mais c’est un calme menaçant, intimidant. Il veut que Jack l’accompagne.

Nous avons déjà vu cette prémice dans le cinéma hollywoodien. Dans un film comme ça, nous apprenons ensuite que le héros a déjà été un agent secret de la CIA, un projet secret de l’armée, un maître des arts martiaux, ou tout simplement un mafieux sanguinaire. Souvent, les hommes méchants qui le retrouvent menacent ou tuent la famille du héros. Puis, pour se défendre ou se venger, le héros doit confronter ces hommes, ce mal qu’il aurait dû combattre il y a vingt ans au lieu de se retirer. S’ensuit un film d’action haut en couleurs, avec des chorégraphies spectaculaires pour les combats.

Mais Cronenberg ne tombe pas dans ce piège-là. A History of Violence prend pour point de départ un cliché hollywoodien et le traite comme une histoire sérieuse. Cronenberg semble se demander ce que cela voudrait dire si une telle histoire arrivait vraiment, si un homme moyen se faisait réellement approcher par des hommes méchants qui disent qu’il n’est pas ce qu’il dit être. Le film d’action haut en couleurs n’a jamais lieu. Les quelques scènes d’action auxquelles nous avons droit sont surprenantes, marquées de rapidité et de fluidité, finissent presque immédiatement. Dans un contexte où l’action prend de plus en plus de place et où, surtout, les scènes où elle apparaît s’éternisent, je trouvais celles-ci rafraîchissantes.

Le traitement de David Cronenberg est définitivement ce qui fait l’attrait du film. J’ai déjà mentionné les scènes d’action. Une foule de détails va dans ce sens. Deux scènes de sexualité, par exemple, se démarquent par l’éclairage naturel, le jeu spontané, une certaine maladresse. Nous avons l’impression de voir là une réinterprétation de scènes similaires dans une comédie romantique, mais calqués de plus près sur la réalité humaine. A History of Violence n’est pas le film de l’année et, en bout de ligne, je n’ai jamais tout à fait cru à l’histoire, mais le plaisir qu’on peut ressentir à voir Cronenberg manipuler les clichés, la qualité du scénario et la solide performance de tous les acteurs en font une bonne production.

Réponses

  1. Marie Nancy affirme:

    A History of Violence sort seulement le 2 novembre en France. Pour C.R.A.Z.Y., c’est mystère et boule de gomme. Aucune date de sortie ne semble prévue. Pourtant avec La grande séduction, c’était la première fois que je voyais des gens - des Français - applaudir après une représentation cinématographique. Oui, oui, a-p-p-l-a-u-d-i-r comme des trekkers après un film de Star Trek.

  2. jerome affirme:

    J’aime applaudir après un très bon film. Et si je suis un fan vendu d’avance (comme dans le cas de Serenity, récemment), j’applaudis presque par réflexe. Mais c’est rare. Ah, j’applaudis aussi en regardant la télé, parfois, si quelqu’un fait un commentaire vraiment très intelligent et drôle. Mais c’est rare. Et ça, je pense que ce n’est pas culturel, c’est juste parce que je suis bizarre.

    Je suis content de savoir que La Grande Séduction a bien été reçue en France. J’ai beaucoup d’espoir en CRAZY, aussi.

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