11 novembre 2005

Suivi de mon étudiante

Le 11 novembre 2005, à 20:47. Classement: Personnel

Récemment, j’ai raconté ici l’histoire d’une de mes étudiantes qui traverse une épreuve difficile: sa mère est atteinte d’un cancer inopérable. L’étudiante n’a déjà plus de père et elle se retrouvera donc orpheline. Cela m’avait beaucoup ému et je n’avais pas su quoi dire. Je l’ai revue deux fois depuis et je me suis dit que je pourrais vous donner une petite mise à jour.

La semaine dernière, j’espérais qu’elle arriverait avant les autres… ou au moins qu’elle partirait un peu plus tard. Je n’étais plus sous le choc et je me disais que je serais capable de lui dire quelques mots sans bafouiller comme un imbécile. Malheureusement, elle est arrivée après tout le monde. J’ai parlé avec les jeunes, j’ai donné mon cours et, à la fin, elle a encore une fois pris un peu plus de temps que les autres avant de quitter la salle. Alors je lui ai demandé directement comment elle allait.

Je n’entrerai pas dans les détails, mais nous avons parlé de sa mère et j’ai senti qu’il n’y avait pas de malaise. Je me sens beaucoup mieux par rapport à mon rôle dans cette histoire, maintenant. Je ne suis ni son psy, ni son ami… mais j’ai réussi à avoir avec elle une conversation normale et à lui exprimer un peu d’humanité. Je ne demandais pas plus.

Cette semaine, quand j’ai demandé aux étudiantes comment elles allaient, celle-là nous a conté les derniers développements avec sa mère. Les autres lui ont aussi posé quelques questions. C’était très décontracté et respectueux. Je pense qu’elle est contente de pouvoir parler de ce qui lui arrive. Il n’y a pas à dire, je l’ai, l’affaire.

Réponses

  1. Mep affirme:

    L’humanité et la compassion sont pour moi plus que nécessaires en enseignement. Bravo pour tes attitudes envers tes élèves. Pour plusieurs,l’apprentissage passe beaucoup par la relation.

  2. jerome affirme:

    C’est ce que je trouve aussi. Dans un cours de langues, on demande aux élèves de faire plein d’exercices qui peuvent sembler bizarre. Et on leur demande de nous parler même s’ils ne se sentent pas à l’aise dans la langue. Pour que ça marche, on doit développer avec eux une vraie relation de confiance.

    Je me rends compte que les étudiants de cégep sont beaucoup plus “fragiles” que les adultes en milieu de travail, même ceux dans la vingtaine. J’ai vu plusieurs jeunes qui avaient l’air complètement troublé et qui n’allaient pas très bien.

  3. el Cousino affirme:

    hoo…
    il y a de ces moments ou l’on reste bouche bée…
    Félicitations pour ta réaction très caractéristique de jerome!

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