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La case départAu mois de janvier, les trois partis politiques provinciaux étaient à égalité dans les intentions de vote et ce, malgré les grandes différences entre leurs programmes. Après avoir trouvé « le changement » chez l’Action Démocratique du Québec (ADQ) pendant plusieurs mois, la population se montrait ouverte à toutes les options. Un tel contexte me faisait rêver à une belle, une très belle élection générale. Depuis, les choses ont quelque peu changé. L’ADQ a poursuivi sa descente dans les intentions de vote. Aux dernières nouvelles, elle obtenait un peu plus de 20% d’appui seulement, ce qui ne présage que très peu de sièges si le parti ne fait pas de nouveaux gains. Le Parti Libéral du Québec (PLQ) et le Parti Québécois (PQ) sont loin en tête, avec le PQ en avance chez les francophones. Le PQ peut donc espérer répéter le scénario de 1998: une quarantaine de comtés anglophones, allophones ou fédéralistes votent massivement pour le PLQ, tandis que le reste du Québec porte Mario Dumont et un grand nombre de péquistes à l’Assemblée Nationale. Le PQ remporte la majorité des sièges avec une minorité des votes, peut-pêtre même avec moins de voix que le PLQ. Bien sûr, dans les détails, il est certain que l’élection ne se déroulera pas exactement comme celle de 1998, même si le rapport de force actuel reste en place. À 20% des intentions de vote, l’ADQ est déjà beaucoup plus forte qu’aux dernières élections; elle a quelques candidats-vedettes – dont Marie Grégoire et Guy Laforest –, qui peuvent espérer une victoire locale. De plus, quelques régions qui favorisent l’ADQ abriteront des lutte à trois, dont le résultat sera difficile à prévoir. Mais de telles interférences de détail empêcheront difficilement le PQ (ou le PLQ, s’il retrouve la faveur des francophones) de prendre le pouvoir. Pour avoir un impact, l’ADQ doit remonter de façon significative dans les sondages. Le peut-elle encore? Après son ascencion fulgurante l’été dernier, aucun commentateur n’ose plus le nier. Mais les développements des derniers mois risquent de nuire à une telle remontée. L’automne dernier, l’ADQ jouissait fortement de l’effet de nouveauté. Nous assistions à une effervescence semblable aux moments où un parti change de chef pour quelqu’un de plus populaire, comme lorsque Jean Charest est arrivé au PLQ ou Lucien Bouchard au PQ. Maintenant, le parti a perdu en effet de nouveauté ce qu’il a gagné en crédibilité et en stabilité. En contrepartie, mentionnons que l’enthousiasme pour l’ADQ ne découlait pas seulement de sa nouveauté, sans quoi il serait survenu bien avant. L’ADQ a connu ses gains au moment parce que la population était à la recherche d’un changement social majeur et l’ADQ était la seule à proposer quelque chose de la sorte. Mais doit-on déduire de sa dégringolade que la population ne cherche plus le changement? J’en doute. Une partie de l’équation est que l’ADQ n’est plus le seul parti à parler de réformes en profondeur. Le PLQ est plus timide dans ses réformes, mais propose un nouvel état, plus léger, moins coûteux, plus axé sur les besoins essentiels de la population. Le PQ, avec la finalisation du régime des garderies et la semaine de quatre jours, propose une société axée sur la famille. Plusieurs trouvent dans une de ces deux visions le « changement » qu’ils recherchent. En apparence, le statut des partis dans les intentions de vote en ce moment ressemble beaucoup à la « case départ » de l’après-élection 1998. Mais maintenant que les deux anciens partis ont eu le temps de s’habituer à sa présence, l’ADQ a moins de cartes à jouer. Mario Dumont ne pourra pas se contenter de déclarer qu’il représente le changement. S’il veut avoir des chances de remporter, il devra vendre sa propre vision du changement. |
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fin
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