Carte du site

Page personnelle
Chroniques
 · Introduction
Auditeur Libre
Programmation


Comment me rejoindre

Vous visitez en ce moment une archive de mon ancien site. Pour aller directement au nouveau site, visitez le lien suivant: http://www.loisel.org/jerome/.

Le Québec en 2003

Le paysage politique change constamment, mais les élections générales permettent de saisir l’évolution de la population. Après plusieurs mois de préparatifs, 33 jours de campagne et au-delà des résultats finaux l’élection (que j’ignore encore au moment d’écrire ces lignes), où en sommes-nous? Bilan d’une campagne.

Mario Dumont a récemment parlé du « vaudeville » des sondages, faisant référence à leur très forte volatilité dans les derniers mois. Il touche à un point important. Durant la dernière année, le Parti Québécois (PQ) de Bernard Landry, le Parti Libéral du Québec (PLQ) de Jean Charest et l’Action Démocratique du Québec (ADQ) de Mario Dumont ont tous trois pu légitimement aspirer au pouvoir. Et ils ont tous pu craindre d’être rayé de la carte politique, ne serait-ce que chez les francophones, dans le cas des libéraux.

Mais il ne faut pas pour autant rejeter ces sondages du revers de la main. Ils révèlent des tendances véritables. Lorsque l’ADQ les dominait l’an dernier, la population connaissait peu le parti, mais savait qu’il représentait la jeunesse et, surtout, la nouveauté. Ce premier revirement dans l’opinion populaire a été interprété, avec justesse, comme un fort désir de changement.

Cet aspect de la vague adéquiste a laissé des traces sur les deux autres partis. D’abord, la division traditionnelle entre partis souverainistes et fédéralistes a perdu de son importance. L’ADQ refuse actuellement de se prononcer sur la question nationale et en a tiré profit. Les autres partis semblent avoir légèrement emboîté le pas. Bernard Landry ne s’engage pas à tenir un référendum et courtise les fédéralistes. Jean Charest, tout en demeurant fermement fédéraliste, se dit nationaliste, parle de la « capitale nationale » et courtise les souverainistes.

Le désir de changement a aussi forcé les deux partis à adapter leur programme. Cela apparaît de façon marquée chez le PQ, qui est clairement revenu vers la gauche, l’automne dernier. Après plusieurs années où ses grandes mesures étaient d’ordre fiscal, le PQ mit de côté tout projet de réduction d’impôt pour se concentrer sur les programmes sociaux. Les engagements électoraux du PQ sont essentiellement sociaux: renforcement du programme des garderies à cinq dollars, semaine de quatre jours, troisième semaine de congés payés pour tous, etc.

Le PLQ a lui aussi cédé au désir de changement, bien que ce soit moins apparent. Au niveau de ses valeurs, le programme libéral de 2003 ne s’éloigne pas tant de celui de l’élection de 1998, mais après la défaite du PLQ cette année-là, plusieurs s’attendaient à voir le parti se recentrer. Mais aujourd’hui, ce qui prime dans le programme, outre le réinvestissement en santé, c’est la réduction massive des impôts et un allègement de l’état.

La présente élection se distingue de la précédente par la réaction de la population vis-à-vis les propositions libérales. En 1998, Lucien Bouchard avait vivement critiqué les propositions de Jean Charest, qui avait dû se défendre. Cette fois-ci, le programme passe sans trop de difficulté auprès de la population.

Sur la question des compressions budgétaires, notamment, le programme libéral ne rencontre que peu de résistance. Pour respecter son cadre financier, le PLQ devra geler le budget du gouvernement pendant cinq ans, sauf en santé et en éducation. L’inflation forcera donc Jean Charest à couper, mais celui-ci n’a pas encore révélé ce qu’il allait couper. Or, cette incertitude n’a pas nui à Jean Charest durant sa campagne, malgré les critiques de Bernard Landry à ce sujet.

Après l’élection de 1998, l’ADQ apparaissait clairement comme le « troisième parti », très marginal, mais durable. Par contre, les analystes avaient de la difficulté à départager l’appui adéquiste solide du simple vote de protestation. Après la visibilité que Mario Dumont et son parti ont obtenue dans la dernière année, il est clair que l’appui qu’ils reçoivent aujourd’hui dépasse le simple vote de protestation.

Cela veut dire que quelle que soit la répartition finale des sièges à l’Assemblée nationale, une majorité claire de la population donne son appui au non-souverainisme, à l’allègement fiscal et à la réduction de l’état. Que l’ADQ continue de croître ou disparaisse tranquillement, elle a permis de voir que le « centre » politique du Québec se situe en fait à droite de la position péquiste. Du moins… en 2003. À cet égard, une victoire du PLQ à l’élection ne saurait, ou n’aurait su être interprétée comme un simple soubresaut dans les sondages.

                                                                                                                        
Nouvelles de Jérôme Loisel
Mars 2002 Ma maîtrise avance
Février 2002 Nouvelle installation pour le site
Mai 2001 Traduction, translation
Avril 2001 Nouvel ordinateur
Mars 2001 Bienvenue aux universitaires


GNU -- La Fondation pour les logiciels libres

Powered by Zope
fin
jerome @ loisel . org