28 octobre 2005
“Intelligent Design” et la guerre des cultures
Je veux écrire depuis quelque temps déjà un éditorial au sujet des États-Unis, de l’anti-américanisme et de la guerre des cultures. Pour ceux qui ne seraient pas au fait de l’évolution de la société américaine, l’expression “la guerre des cultures” fait référence au schisme grandissant entre la gauche séculaire et la droite religieuse. C’est aussi une guerre politique qui oppose, grosso modo, le Sud et le Nord. La guerre des cultures explique pourquoi j’utilise si rarement l’expression “les américains” quand je parle des États-Unis.
Un des fronts dans cette guerre est la théorie de l’évolution. D’énormes pans de la droite religieuse ne croient pas à l’évolution. Ils croient que c’est Dieu qui a créé les espèces. La dernière incarnation de cette croyance religieuse s’appelle “intelligent design”: les espèces évolueraient, mais il y aurait une intelligence qui guide cette évolution. La droite tente maintenant de faire enseigner l’”intelligent design” dans les écoles publiques dans les cours de sciences. C’est ce débat qui a donné naissance au culte du monstre de spaghetti volant (en anglais).
Aujourd’hui, Slate publie un excellent article (en anglais) qui fait le point sur les derniers développements dans cette saga. C’est un article informatif et très divertissant. Un excellent point de départ pour ceux qui n’ont pas encore entendu parler de tout ça. Ce qui est courant: nos médias et nos intellectuels ne nous en parlent pas.
Un sondage CROP confirme les tendances
Un article de Cyberpresse nous annonce les résultats du dernier sondage CROP: après une très légère remontée, le Parti Libéral du Québec de Jean Charest a atteint 69% de taux d’insatisfaction. Dans l’hypothèse d’une élection provinciale, il recueillerait seulement 30% des suffrages, contre 47% pour le Parti Québécois et 20% pour l’Action Démocratique du Québec. Le souverainisme se porte bien: l’appui à la question de 1995 (la souveraineté avec offre de partenariat) se situe à 52%.
27 octobre 2005
S’intéresser aux élèves
Lorsque je commence un cours, au cégep comme dans le privé, je demande inmanquablement à mes élèves comment ils vont. Souvent (presque toujours, en fait), j’ai aussi une histoire en canne à leur conter. Tout cela sert plusieurs objectifs: avoir une espèce de discussion libre tout à fait naturelle; donner un climat positif et enjouer à mon cours; et bâtir une relation réelle avec mes élèves. Et ça fonctionne très bien: je à peu près jamais dans mes cours de problèmes avec des élèves démotivés et ça doit faire trois ans que je n’ai pas eu un problème de discipline.
Cette semaine, il est arrivé quelque chose de différent. Lorsque j’ai demandé à une de mes élèves si elle allait bien, elle m’a répondu que non, pas vraiment. Je lui ai demandé si elle avait passé une bonne semaine. Elle m’a dit que non. C’était tout: pas de “ah, j’ai beaucoup de travail”, pas de “je suis fatiguée”, pas de “j’ai mouillé ma couche”. Juste “non”. Et je voyais dans ses yeux que c’était sérieux: il y avait un vrai problème.
Normalement, quand un élève ne va pas, je demande pourquoi sans trop hésiter. C’est plus que normal, c’est important: pour bâtir une relation avec les élèves en discutant de tout et de rien, il faut que mon intérêt soit sincère. Je dois sincèrement m’intéresser à si, oui ou non, ils vont bien, écouter leurs histoires avec intérêt et empathie. Quand ils vont mal un peu, je sympathise, je leur donne mon avis. Personne ne pleure, personne ne me prend pour son psy; c’est simplement de la sympathie humaine et, en général, ça fonctionne très bien.
Avec mon étudiante cette semaine, je sentais que c’était un de ces moments où je dois faire attention. Soit je dis “Ah, c’est malheureux, ça” et je change de sujet. Ça évite toute embûche, mais ça démontre en même temps que mon petit human interest, ça ne va pas très loin, qu’il n’y a rien derrière, que c’est une gamique. Ce qui est faux. Ou je choisis d’assumer ce que je fais et je lui demande ce qui ne va pas. Dans ce cas, je m’embarque dans quelque chose que je ne contrôle plus. J’ai choisi de lui demander ce qui n’allait pas.
Elle… a répondu à ma question. Cette semaine, elle a appris que sa mère est atteinte d’un cancer inopérable, terminal. J’ai beaucoup de difficulté à me rappeler les détails de la conversation, maintenant, tellement j’étais affecté. Mais je sais que je ne savais plus quoi dire. Une petite voix dans ma tête me disait de ne pas aller trop loin, alors je me contentais d’écouter attentivement et de dire à la jeune fille comment j’étais désolé pour elle. Je n’ai même pas ôsé demander comment allait sa mère dans l’immédiat. Elle a fini par me dire qu’elle n’avait plus de père non plus et je n’ai pas ôsé lui demander pourquoi. Après, nous avons parlé de son projet de faire un party d’halloween et je ne sais honnêtement pas comment nous avons fait pour faire la transition. Elle a vingt-et-un ans.
J’ai cette image en tête de la jeune fille qui sort de ma salle de classe. Elle a été la dernière à sortir et je suis demandé si elle attendait quelque chose. Je voulais lui dire… je ne sais pas quoi, n’importe quoi, quelque chose qui aurait exprimé ce que je ressentais. Je ne me souviens pas si je l’ai fait. Une petite voix me disait de ne pas aller trop loin. Et je sais qu’il n’y a rien à dire, vraiment, dans de telles circonstances. Mais j’ai cette image en tête de la jeune fille qui sort de ma salle de classe et je ne sais pas quoi lui dire.
La bisbille fédérale-provinciale se généralise
Récemment, il y a eu beaucoup de querelles entre le gouvernement fédéral de Paul Martin et le gouvernement provincial de Jean Charest. Récemment, nous avons eu droit à une série de sorties publiques entourant la présence québécoise à l’international. Le Ministre québécois des relations intergouvernementales Benoît Pelletier ne réussissait pas à s’entendre avec Pierre Pettigrew, ministre fédéral des relations internationales. Éventuellement, le “lieutenant politique pour le Québec” du gouvernement fédéral Jean Lapierre a décidé de calmer le jeu… à sa façon:
Le lieutenant de M. Martin au Québec, le ministre Jean Lapierre, a carrément accusé M. Pelletier d’être un «noeud» entre Québec et Ottawa, voire de donner des munitions au Bloc québécois.
«Il y a une différence pratique entre être professeur d’université, donner des leçons, puis faire de la vraie politique et régler les dossiers», a ironisé M. Lapierre à sa sortie des Communes.
Parallèlement à cette dispute, il y a eu celle entourant le programme des garderies. Le gouvernement du Québec a depuis quelques années un programme de garderies abordables. Ce programme (selon Chantal Hébert, entre autres) serait devenu un modèle à suivre pour le reste du Canada. Paul Martin a récemment décidé d’aller de l’avant avec un programme pan-canadien. Or, les services sociaux sont de juridiction provinciale. Alors le Québec souhaite simplement encaisser son chèque. Paul Martin a contré en disant que les enfants sont d’”intérêt national”. Ça n’a pas bien passé à Québec et Jean Charest a dit que l’intérêt national, selon la constitution, “n’est pas un concept qui nous gouverne dans le partage de nos compétences”.
Maintenant, le problème survient eu égard au protocole de Kyoto. Le Québec pollue beaucoup moins que le reste du Canada: par capita, le Québec émet la moitié moins de gaz à effets de serre. Alors le gouvernement veut un que le Québec soit traité différemment que l’Alberta, par exemple, en ce qui concerne l’atteinte des objectifs. Mais ce dossier bloque depuis… des années, bref. Maintenant, selon Thomas Mulcair, ministre québécois de l’environnement, ça vient de s’envenimer.
«Ça ne va pas très bien avec M. Dion dans cette négociation-là. Et le mot “méprisant” ne suffit pas pour décrire ce que j’ai rencontré [jusqu’à maintenant], et ça me désole», a déclaré M. Mulcair en réponse à une question du député de Lac-Saint-Jean et porte-parole de l’opposition officielle Stéphan Tremblay à l’Assemblée nationale.
M. Mulcair a parlé de «blocus total» pour décrire la position de M. Dion dans ces négociations entre Ottawa et Québec, qui portent sur l’application du protocole de Kyoto. Le ministre Mulcair a laissé entendre qu’il commençait à comprendre la position des souverainistes. «J’essaie toujours, en politique, de comprendre ce qui anime l’autre côté [l’opposition officielle]; ce n’est pas toujours facile. Mais depuis 16 mois que je suis face à Stéphane Dion, je comprends un peu mieux», a-t-il laissé tomber.
Ah, et le dossier des garderies n‘a pas encore débloqué non plus. Dire que le Parti Libéral du Québec est censé “bien s’entendre” avec le gouvernement fédéral. Mise à jour: Il y a maintenant une entente! Tout va bien, ne vous inquiétez plus.
25 octobre 2005
Éviter une tendinite
J’ai mal à la main droite, aujourd’hui. J’ai probablement trop utilisé la souris ou la satanée roulette du milieu. C’est mal, cette roulette-là. Ça ne devrait pas exister. Et comme il faut prendre ça au sérieux, des maux comme ça, je tape d’une main. Donc pas de mise à jour de mon site tant que ma main n’ira pas mieux. Et moi qui voulais écrire mon éditorial sur Pour un Québec Lucide!
24 octobre 2005
Option Citoyenne va se joindre à l’UFP
L’Union des Forces Progressistes (UFP) est le quatrième parti en importance au Québec. Cela veut dire que dans la catégorie des partis qui n’ont pour le moment aucune chance de faire élire un candidat, comme le Bloc Pot et le Parti démocratie chrétienne du Québec, c’est le plus gros. Ah, et n’oublions pas le Parti conscience universelle. Oui, ça existe. On peut voir la liste complète sur le site du Directeur Général des Élections.
La nouvelle d’aujourd’hui: l’UFP s’apprête à recevoir une injection de membres: Option Citoyenne (OC), un parti de gauche, féministe, souverainiste, va se joindre à elle. En fait, même pas: OC n’est qu’un mouvement pour le moment; elle se préparait à fonder un parti pour rejoindre les illustres rangs du Parti conscience universelle. Mais OC est dirigée par Françoise David, ancienne présidente de la Fédération des Femmes du Québec. Mme David est une intellectuelle connue et respectée, ce qui apporte beaucoup de crédibilité à son projet. D’un autre côté, il y a cet article de Cyberpresse:
Option citoyenne fusionnera en janvier prochain avec l’Union des forces progressistes et ceux qui participent aux réunions de ces groupes politiques doivent s’attendre à être confrontés à des valeurs différentes.
Par exemple, le café servi aux délégués est uniquement du café équitable. Pas question de le verser dans des verres de styromousse, qui sont polluants. Pas de petits bâtons de plastique non plus pour y mélanger le sucre.
C’est tellement grano, ça me fait grincer des dents. Pas de petits bâtons de plastique? Les verres de styromousse, ça va, j’accepte, mais m’empêcher de mordiller un petit bâton? C’est de la pure cruauté. Je commence à me demander s’ils ne prônent pas d’abandonner aussi le condom pour se tourner à 100% vers l’amour oral. C’est dans la même veine, il me semble.
Pendant la réunion d’Option citoyenne, tenue en fin de semaine au Cégep de Limoilou, quatre jeunes artistes ont peint sur une toile un tableau représentant les valeurs défendues par le groupe politique.
Par ailleurs, les délibérations sont interrompues en milieu de séance pour une brève séance de conditionnement physique, dirigée par une animatrice.
La séance de conditionnement physique animée, je trouve que c’est le clou du spectacle. Je me demande s’ils ont une petite chanson comme Wal-Mart. Ce que j’aime de ces petits partis, c’est qu’ils n’ont pas peur du ridicule. Pas de langue de bois ici, pas de message vidé par une machine de communications trop bien huilée. Leur problème principal, par contre, c’est que souvent, ils sont complètement ridicules. Ne pas avoir peur du ridicule en politique, finalement, ça n’a pas que du bon.
Je suis de gauche, j’apprécie ce que ces petits partis tentent de faire. Mais il faut bien se rendre compte que leur poids sur l’électorat est extrêmement limité et que leurs procédés sont parfois plus amusants qu’efficaces. Dans le Devoir d’aujourd’hui, Antoine Robitaille prétend que la fusion de l’Union des Forces Progressistes et d’Option Citoyenne est un grand bond pour la gauche québécoise. Il a probablement raison: la gauche a rarement tendance à s’unir ainsi. Avec assez de séances régulières de conditionnement physique, moi aussi je pourrais faire de très grands bonds.
22 octobre 2005
Saints-Martyrs-des-Damnés
Saints-Martyrs-des-Damnés est un film d’horreur Québécois dont le style se situe à mi-chemin entre celui de Sur le Seuil et de C.R.A.Z.Y. ou Maelström: c’est un thriller psychologique avec des éléments surnaturels et, en même temps, un film d’ambiance cinématographique. Ce mélange était à l’origine des succès de The Ring (Le Cercle) ou de Shining, pour ne nommer que quelques exemples. Il réussit très bien ici aussi.
Le film met en vedette Flavien Juste (François Chénier), reporter pour un journal à ragots. Il écrit au jour le jour des articles sur les enlèvements par les extra-terrestres ou les femmes à trois seins. Sa vie est elle-même ponctuée d’événement insolites: il se réveille le matin dans son auto sans savoir comment il a fait pour se rendre où il est; il a des visions effrayantes et inexpliquables; un homme dans la vingtaine, il souffre déjà d’arthrite. Lorsque le film commence, Flavien rencontre Raoul (Pierre Collin), son père adoptif et son patron au journal. Raoul veut un article sur Saints-Martyrs-des-Damnés, un petit village où, selon ce qu’il dit, ceux qui entrent disparaissent mystérieusement. C’est un mystère inexpliqué.
Flavien part avec Armand (Patrice Robitaille), son ami et confrère. Ils arrivent en plein milieu de la nuit (bien sûr) et découvrent un village isolé, mystérieux, quasi-abandonné. Ils entendent des sons étranges et la population se cache derrière les fenêtres, apparemment effrayée par leur présence. Quand ils finissent par rencontrer la population, le mystère s’amplifie. À l’hôtel, les deux tenancières aux cheveux gris sont soeurs et s’appellent toutes deux Malvina, comme leur mère d’ailleurs. Certaines personnes qui devraient les connaître disent ne jamais avoir entendu parler d’eux. Le gagagiste porte constamment un masque pour cacher son visage. Et j’en passe.
Il serait facile de trop révéler de l’histoire de Saints-Martyrs-des-Damnés: une bonne partie du plaisir que l’on peut retirer de se film est en étant constamment surpris par l’étrangeté de ce qui arrive. Mais il suffit de dire que nous retrouvons dans Saints-Martyrs-des-Damnés un véritable zoo de personnages mystérieux, renfermés, eccentriques et hostiles qui crée un milieu remarquable pour l’intrigue. Le scénario et solide et les acteurs livrent de très belles performances. François Chénier nous fait découvrir un personnage ambivalent de force et de faiblesse et même les petits rôles (je pense à la femme qui danse dans un bar ou au commis du dépanneur) réussissent à laisser leur marque sur le film.
Quiconque s’occupait des emplacements a fait un travail formidable: lorsque Flavien et Armand décident de faire le plein d’essence, ils visitent un garage en état de désuétude complète. Tout est rouillé, usé, empoussiéré. L’hôtel où ils restent a, lui, un genre kitsch semi-abandonné remarquable. En plus, le réalisateur joue avec le contraste et les couleurs pour créer son ambiance. Presque tout est gris, brun, ocre, empoussiéré, terne, indistinct. Il y a même plusieurs ciels qui sont carrément en noir et blanc et ce qu’il y a de formidable là-dedans, c’est que le reste est tellement terne que ça reste relativement discret. Cette utilisation des espaces, des lieux et des couleurs donne une très bonne ambiance au film.
Les quinze dernières minutes de Saints-Martyrs-des-Damnés tournent autour de la résolution des énigmes et traitent du dénouement, offrent une fin définitive à l’histoire. Elles sont les plus faibles. Souvent, quand un film nous montre un mystère surnaturel aussi profond, aucune explication ne saurait satisfaire les attentes créées. C’est le cas ici. Et il y a tellement de scènes bizarres que n’importe qui trouvera que tel ou tel élément était de trop. Il y a une scène de nudité avec Isabelle Blais, par exemple — et je ne pensais jamais avoir à dire ça de ma vie –, dont je me serais personnellement passé. Mais dans l’ensemble, Robin Aubert nous livre ici un très bon premier long métrage.
Mise à jour: La première version de cette critique était très mal écrite. Quelqu’un me l’a fait remarquer. Merci.
20 octobre 2005
Le dixième candidat
Suite à mon récent article, Pauline Marois donne son discours de concession, j’ai reçu un courriel d’un membre du PQ qui parlait de Marois et Boisclair. Je voulais le partager avec vous.
Je suis plutôt d’accord avec vous sur le discours de concession de madame Marois. Je ne suis pas très à l’aise avec la victimisation dans le discours politique. Celui de madame Marois, celui de monsieur Boisclair. Et si j’avais eu le choix, j’aurais voté pour le dixième candidat qu’il n’y a pas. Je serai resté à l’extérieur.
Mais il n’est pas là ce dixième, pourquoi? parce que nous sommes blasés et ne le voyons pas? parce que le passé est toujours meilleur et que dans le présent nous ne percevons pas les leaders en construction? parce la politique n’est plus le lieu des changements? parce que les postes d’influence sont ailleurs? je n’ai que des ébauches de réponse.
Parmi les 9, qui ont tous des défauts, les défauts que je préfère sont chez madame Marois. Une certaine instabilité que je devine chez André Boisclair m’inquiète. S’il survit à la campagne, il m’aura en partie démontré que je me trompais.
Je suis bien d’accord sur la question du dixième candidat. J’aurais beaucoup aimé voir un Joseph Facal dans la course. Avec le sondage récent qui a révélé que les Québécois ne veulent pas voter pour quelqu’un qui a consommé des drogues dures, la question me semble encore plus pertinente.
19 octobre 2005
Le Canada parmi les pires pollueurs au monde
Selon Radio-Canada, le Canada serait parmi les pires pollueurs au monde (par capita, bien sûr). Étant donné toutes les critiques, souvent hautaines, que les Canadiens en général et les Québécois en particulier formulent des États-Unis, c’est plus que gênant.
Le rapport provient de la Fondation David Suzuki et est disponible (en anglais) sur le site. Je n’ai pas trouvé de version française, mais j’imagine qu’il en existe une. Si quelqu’un trouve, ce serait cool d’écrire un commentaire pour faire connaître le lien (comme de quoi ici, il n’y a pas juste moi qui peut être cool).
Le Parti Libéral du Canada majoritaire sans le Québec
Un sondage dont les résultats sont diffusés par la Presse Canadienne indique que le Parti Libéral du Canada est largement en tête dans les intentions de vote à l’extérieur du Québec. Le PLC se situe à 38%, le Parti Conservateur à 25%. Ce serait suffisant pour récolter assez de sièges hors-Québec pour former une majorité et ce, malgré le fait que le Bloc Québécois récolte encore 57% des intentions de vote ici.
Cela rejoint ce que je disais à la fin-août: contrairement à ce que prétendait alors le premier ministre Paul Martin, le PLC n’a pas besoin du Québec. Une élection fédérale nous attend au plus tard en mars, selon toute probablitié. Si le PLC réussit maintient ces niveaux d’appui, cela aura un impact majeur sur la politique fédérale canadienne.
Si les partis fédéraux se rendent compte que leurs efforts actuels sont insuffisants pour faire des gains au Québec, ils ont deux choix: soit bouder le Québec et tenter de se faire élire par le biais du reste du Canada, soit tenter de mieux répondre aux aspirations du Québec. Mais ce dernier scénario me semble improbable.
Pour vraiment faire des percées au Québec, un parti fédéral devrait faire des efforts sérieux et soutenus qui vont souvent à l’encontre de ce que souhaite d’énormes sections de l’électorat canadien. Et, ce faisant, ils se rapprocheraient de certaines positions du Bloc Québécois, ce qui semble être très risqué pour eux ailleurs au pays.